Ça y est : je suis marathon de New York finisher ! Et je vous raconte...

Cela faisait plus d’un an que j’étais inscrite, des mois que je me préparais et que j’attendais ce moment. Et puis, ça y est. Dimanche passé c’était le grand saut, l’immersion dans cette expérience hors du commun qu’est le mythique marathon de New York.

Là, on est mercredi et j’ai encore Frank Sinatra dans les oreilles. J’ai aussi toujours en tête ces images incroyables de coureurs portés par les encouragements de la foule et ces quartiers magnifiques et typiques de Big Appel. Bref, c’est depuis mon petit nuage que je me refuse de quitter que je vais vous raconter, par étape, mon aventure newyorkaise.

Une semaine de rêve à Big Appel

J-8 : arrivée à New York en compagnie de mon cher et tendre.

J-7 : dernière sortie longue dans Central Park. Là, déjà, c’est hyper excitant. Se retrouver à faire son petit jogging matinal dans ce parc c’est juste waouh. Nous étions partis pour faire 15 km. Nous avons croisé une course officielle. Bref, nous ferons 20 km malgré nous en nous tapant l’incruste à la NY RR. Cela nous aura permis de nous rendre compte du dénivelé pour le final du jour J. Le parc n’est pas plat mais joue les montagnes russes. Au moins, on est prévenus !

J-6 à J-1 : nous visitons la ville. Un peu trop peut-être. J’enregistre plus de 20.000 pas par jour sur ma Garmin et je plafonne le dimanche avec 37.000. Pas très raisonnable avant un marathon. La preuve, Ren se bloque le dos. Aïe … D’un autre côté, cela aurait été bête de passer une semaine à NY dans notre chambre d’hôtel ou dans un café. Donc, on fait tout ce qu’on peut : le MOMA, le MET, le Guggenheim, le Withney museum, le Musée d’Histoire naturelle, le mémorial du 9/11 et j’en passe. On participe aussi à des visites de quartier en groupe et à pied dont une mémorable qui se terminera à Harlem par une messe gospel haute en couleurs. Une semaine de rêve mais une semaine épuisante. Les distances sont longues et le métro n’est pas toujours la porte à côté.

Et puis, le stress monde au sommet du One World Observatory : la vue sur tout NY nous fait réaliser la distance à parcourir !

Le marathon expo

J-3 : Le jeudi matin nous récupérons nos dossards au marathon expo. A l’ouverture, il n’y a pas trop de monde ou, du moins, la foule est très bien drainée. Les stewards nous orientent avec une amabilité sans faille. Chaque coureur a l’impression d’être unique et non d’être du vulgaire bétail. Ce sera un des points qui m’auront le plus marquée. Cette serviabilité, cette gentillesse et ce « please others », dont font preuve les newyorkais.

Nous récupérons nos dossards en moins de 2 minutes. Génial ! Ensuite, on nous dirige vers les tee-shirts. Une zone d’essayage est prévue pour les hommes et les femmes histoire de ne pas se tromper. Une idée top ! En effet, j’étais rentrée de Berlin avec un tee-shirt pour homme … Là, au moins, je suis sûre de repartir avec un truc qui me va ! En plus, le tee-shirt est hyper cool. C’est clair qu’il va trôner fièrement dans ma collection, celui-là !

On visite le reste de l’expo. Les exposants sont globalement les mêmes que sur les autres marathons. Le plus gros est New Balance, fatalement, c’est le sponsor. Les fringues estampillés TSC New York City Marathon se vendent comme des petits pains. Par prémonition, je n’en achète encore aucun sur lequel il est inscrit finisher ! Bon, par contre, les prix sont prohibitifs. Il faut compter 50€ pour un simple tee-shirt à manches courtes.

Ce qui est sympa, c’est que de petites animations sont proposées : on peut entrer dans une sorte de bulle nommée « visualize your journey » ou assister à un briefing qui reprend toutes les informations sur le parcours, images à l’appui. C’est sympa, gratuit et on reçoit le café !

  

La veille …

J-1 : on décide de ne pas en faire trop et de « juste » visiter un petit musée. Mais le week-end, à NY, le métro fait des siennes et beaucoup de stations sont fermées. Nous ferons donc beaucoup plus de marche que prévu. Et on espèrera ne pas le payer le lendemain.

Je n’ai malheureusement pas testé la pasta party. Pour deux raisons. D’abord parce que Monsieur est allergique au gluten et ensuite parce qu’il y a en général beaucoup de file. Je n’aimais pas l’idée de faire du surplace la veille de la course. Des retours que j’en ai eu d’autres coureurs les pâtes étaient variées et ils ne lésinaient pas sur les quantités !

Jour J : Yes ! Ça y est, c’est le grand jour !

Le transport :

Première angoisse (je suis toujours très stressée avant une course, surtout un marathon) : se lever à 5h du mat’. Pouah ! Heureusement pour nous, c’était le changement d’heure ce jour-là, ce qui faisait 6h. Je suis miraculeusement arrivée à dormir pendant la nuit, malgré la nervosité et le bruit (Manhattan vit au rythme des klaxon, même la nuit). On a RDV dans le hall de l’hôtel avec le restant du groupe (les belges partis avec le magazine Zatopek). On marche un bon morceau avant de rejoindre les bus qui vont nous transporter jusqu’au départ. Celui-ci se fait depuis Staten Island où 52.000 personnes doivent être amenées avant 8h30 du matin. On rejoint l’île en bus (ce qui est notre cas) ou en ferry. Il faut faire la file pour attraper un bus et seuls les coureurs munis de leur dossard peuvent monter dedans. Bref, déjà 2km de marche dans les jambes ! Le trajet dure plus d’une heure. L’ambiance dans le bus est hyper bonne et détendue. Avec Ren, vu l’état de son dos, on se fait des plans B et C, genre courir jusque 30 km puis marcher et tout de même terminer en moins de 5h. Pour évacuer mon stress, je me dis que j’ai 7h30 pour terminer. Ça le fera, j’aurai ma méga médaille !

 

L’attente dans les boxes :

Les boxes : par chance, nous prenons le départ avec la première vague. Et comme notre bus est un des derniers à arriver, nous n’avons pas à attendre trop longtemps. Ceux qui démarrent à 11h et arrivent à 7h ont le temps de se refroidir, par contre…

Et puis, il ne pleut pas, ce qui n’était pas gagné vu la météo annoncée. Nous n’aurons pas à utiliser nos splendides sacs poubelle en guise d’imperméables mais par contre, nous accumulerons les couches pour se tenir au chaud. La tradition à NY, c’est d’empiler les vieilles fringues et de les laisser dans des bacs au moment du départ, pour les sans-abris. Sinon, tout est bien indiqué et les toilettes dans les boxes sont en quantité. Il faut quand même compter 10 à 15 minutes de file. Avis aux mecs : ne pas se soulager dans la nature pour éviter l’attente, c’est formellement interdit et on vous prend votre dossard. A bon entendeur …

Le départ :

On nous invite à marcher jusqu’au pont qui rejoint Brooklyn (vous savez, le fameux, celui de la photo !). Là, petite pause pour de grands moments qui resteront longtemps gravés dans ma mémoire.

D’abord, un magnifique discours concernant les attentats qui ont eu lieu dans la semaine, tuant 8 cyclistes dont une belge. Et oui, courir ce marathon va prouver à tous notre liberté et notre courage. On ne nous empêchera pas de vivre. Le jour de l’attaque, Ren et moi étions à vélo. Je suis donc particulièrement émue. Une minute de silence s’impose.

Ensuite, l’hymne national a capella. Très beau, très belle voix.

Enfin, Frank Sinatra. Tout le monde chante « New York, New York ». Je n’ai jamais été aussi détendue et souriante sur une ligne de départ !

Devant moi, un gars porte un tee-shirt super cool. Je ne peux pas m’empêcher de l’immortaliser !

 

Top départ !

Et voilà ! C’est parti ! Le départ est une bonne côte d’environ deux kilomètres (ben oui on monte sur un pont et il est énorme !). Chance pour nous, le pont est à deux étage et nous somme au-dessus. Cool. La vue est juste splendide. J’ai prévu de passer le semi vers les 5’10’’ au km maxi. Je tiendrai à peu près ce rythme.

La première moitié du marathon se fait dans Brooklyn. Les différents quartiers sont chouettes et le public est hyper chaud ! Il nous porte vraiment par ses encouragements. Une véritable fête.

Passé Brooklyn, on repasse un pont vers Manhattan puis on en repasse très vite un autre vers le Bronx. Ce petit intermède dans Manhattan se fait vers les km 25 à 30 (grosso modo, hein …). Puis rebelote, un pont pour se rendre à Harlem. Ce pont-là, juste après les 30km, il a fait mal. La côte n’en finissait pas puis, il est interdit au public, donc plus personne pour nous encourager. A ce moment clé d’un marathon, juste au passage du mur, il faut compter sur son mental. En fait, le parcours est loin d’être plat et les ponts sont à chaque fois une épreuve !

Juste après le pont, je perds Ren. Son dos à eu raison de lui. Snif. J’espère qu’il pourra terminer et dans de relativement bonnes conditions.

Je commence à manquer d’eau, mes gourdes se tarissent. Je m’arrête à un ravito pour les remplir. Une charmante bénévole le fait pour moi, toute souriante. Car c’est ça aussi le marathon de NY. On ne vous jette pas une bouteille d’eau à la figure. On vous sert avec plaisir.

Dans Manhattan, le public est une véritable foule en délire !!! C’est hyper galvanisant ! Passé le km 35, là, pour moi, tout se joue au mental. Je fais des calculs idiots, genre si je marche maintenant je termine en 4h30 … En même temps, je parle bêtement à mes jambes pour qu’elles continuent de courir et je dis à mon estomac d’arrêter d’avoir faim et des nausées en même temps ! Bref, je suis au bout de ma vie mais je dois encore puiser dans ce qui me reste d’énergie pour finir. Et sans marcher …

Km 37 : la vache ! Ça grimpe sec le long de Central Park ! Si je ferme les yeux, j’ai l’impression d’être sur notre terrible avenue de Tervueren ! Je vois des nanas qui se mettent à sprinter. M’enfin ? Elles font comment celles-là ? Elles viennent du métro ou quoi ? Moi, je ne prends pas ce risque (j’en suis incapable de toute façon !). D’après mes calculs, si je continue sur ma lancée, je termine en moins de 4h. Je prends !

Central Park, enfin ! Il reste un peu plus de 2 miles. Même pas un petit footing du dimanche ! Même un gosse de 8 ans peut le faire (on se dit vraiment n’importe quoi sur la fin d’un marathon !). Le public est toujours aussi génial. Il nous aura vraiment portés tout au long de la course. Dans le parc, je le savais, c’est vallonné. Mais apercevoir la ligne d’arrivée fait tout oublier. Malgré la fatigue, je profite des derniers moments. Mieux, je les savoure. J’ai attendu ce moment plus d’an an et snif, c’est presque fini. Bon, d’accord, je suis quand même contente de passer cette f … ligne d’arrivée. J’en verse même une petite larme d’émotion …

J’éteins ma Garmin. 3h53. Exactement le même temps que j’ai fait il y a deux ans sur mon tout premier marathon à Amsterdam ! Certains râleraient de ne pas avoir fait mieux mais je relativise : un parcours nettement plus difficile et, surtout, une semaine épuisante pour les jambes et le dos juste avant. Et, même si ce ne sera pas mon meilleur chrono, ce sera mon plus chouette marathon : un public top, des vues sur NY juste incroyables, une ambiance géniale. Autres points forts : on a de l’espace tout le temps, même au départ (on ne doit jamais pousser des coudes), les ravitos sont nombreux (tous les miles) et on ne s’ennuie jamais. Ce marathon est passé à une vitesse folle. Pas à un seul moment je ne me suis dit « Pfffff, il est temps que ça se termine ! ».

Après la course, on a doit à une séance photo avec notre belle médaille. Puis, on nous met une couverture de survie. Oui, on ne nous la donne pas, on nous l’enfile et on nous ajoute un petit morceau de papier collant pour être sûr qu’on soit bien emballé ! Des stewards nous félicitent gracieusement et accompagnent en marchant ceux qui paraissent sur le point de rupture ! Beaucoup se rendent à l’infirmerie pour des bobos musculaires et sont rapidement pris en charge.

J’essaye d’attendre Ren assise sur un bord de trottoir mais je prends rapidement froid. Mieux vaut que je marche jusqu’aux ponchos !

Ah oui, les mythiques ponchos du marathon de NY ! Il faut tout de même compter 2 km de marche pour y parvenir et pouvoir quitter la zone d’arrivée. Ça c’est moins cool. Surtout qu’il pleut (il a plu pendant toute la course) et qu’on se refroidit vite, malgré la couverture en alu. Pour les coureurs qui n’ont pas pris l’option poncho, c’est pire, ils ont le double à marcher pour se rendre aux consignes.

Une fois mon bon gros poncho bleu étanche et doublé polaire sur le dos, j’attends Ren. Grâce à la super appli proposée par l’organisation, notre coéquiper Gérald de chez City Runs m’avertit par message qu’il a passé le km 40 en 4h00.00 (ça ne s’invente pas !). Je dois donc en avoir pour 20 bonnes minutes d’attente. Puis, mon père me donne également des nouvelles : c’est bon, Ren a terminé en 4h14. Ouf ! Son dos a tenu ! Mais il a dû bien le faire souffrir sur la fin …

ET nous voilà enfin réunis avec notre belle (et énorme) médaille ! Nous sommes prêts à affronter le métro !

A NY, c’est magique. Quand on porte la médaille, on reçoit des « congratulations » de tout le monde, dans la rue, le métro, les magasins, … c’est comme ça. Les gens vous remercient d’avoir couru pour eux. C’est hallucinant ! Le soir, tous les coureurs vont dîner dehors avec leur médaille. Pas de frime mal placée, c’est une véritable fête dans toute la ville. On opte avec d’autres belges pour un burger géant. Dans le resto, plein de coureurs portent fièrement leur médaille autour du cou. Et nous aussi …

Le lendemain, idem, tous les coureurs portent leur médaille ! Les newyorkais ne voient pas ça comme de la prétention mal placée. Ça se fait tout à fait naturellement.

En tout cas, je crois que vous l’aurez compris, ce marathon n’est pas mythique pour rien. C’est vraiment une expérience unique. J’en ai fait 3 avant dont Berlin qui est aussi un Major mais je n’avais encore jamais vécu une ambiance pareille !

Mon prochain ? Euh … Peut-être un festif. Un rigolo, juste pour le fun. Genre le Médoc ou celui de la bière. On verra. Là, j’ai encore des étoiles plein les yeux …

Clarence

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